ici, on est tout petit

photographage, poésiage, bidouillage, gribouillage...partage

28 avril 2007

...tu me contrediras tout le temps*

…J’ai vu ton esprit
il était tout petit
il ressemblait au mistigri
et courait après les fourmis

Mistigri ou mistinoir
je crois qu’il est passoire
mi figue mi espoir
et quelque fois un peu rasoir

…J’ai vu ton esprit
il sentait le pissenlit
une fleur dorée en pleine nuit
goutte de rosée en plein Paris

Moi, je le voyais assoiffé
à tremper dans le café
il aurait bien plus de succès
s’il n’était pas si desséché

…J’ai vu ton esprit
je l’ai goûté sans permis
j’ai aimé son goût de fruit
je l’ai goûté et j’ai souri

C’est un navet saveur poire
qui a toujours peur du noir
tu t’es bien fait avoir
il est tout sauf abreuvoir

J’ai pourtant vu ton esprit
dans une malle sans soucis
ne m'dis pas que c’est délit
de penser qu’il est joli…

.

Posté par sel_in à 01:22 - racontage - Commentaires [0] - Rétroliens [0] - Permalien [#]

30 mars 2007

Panique au pinson palace*
(histoire de doigts parlant à un pouce qui disparait et fait tomber les bouches.... à venir)

.

main1

.

main2

.

main3

.

main4

.

Posté par sel_in à 00:37 - racontage - Commentaires [8] - Rétroliens [0] - Permalien [#]

21 février 2007

.

.

3h17. tais toi un peu*

Dis, madame la lune, est ce que tu pourrais me donner un peu de tons clairs, parce qu'en ce moment, c'est le sombre qui domine. Je sais que ce sont des choses qui ne se demandent pas. Je sais que je devrais me comporter comme une grande. Arrêter de grimacer, ou de marcher nus pieds. Mais tu ne sais pas ce que ça fait d'avoir le pied tout serré. Toi, tu as l'espace pour toi toute seule, tu as trouvé ta place, tu n'as plus envie de bouger, ni même de t'enfuir.
Toi madame la Lune, tu sais que tu fais rêver tout le monde, tu sais que tu ne perdras jamais de ton éclat, que tes rides on les voit pas...peut être qu'un jour, quelqu'un t'achètera, mais si tu veux je serais là. Parce que je veux pas qu'on t'achète, qu'on te mette dans un filet et qu'on te cache dans un grenier.
Comment? Toi aussi tu en as assez de devoir toujours resplendir? Tu aimerais qu'on te fiche la paix et qu'on te laisse pleurer? Tu aimerais faire des erreurs, prendre des vacances et voir le monde? Mais, où voudrais tu aller? Tu n'es pas bien ici? Après quoi cours tu ainsi? Tout le monde se serait trompé alors. On n'a pas su t'écouter. Autour de toi on a dressé un écrin, trop douillet. Tu t'es endormie gracieusement mais aujourd'hui tu ouvres un oeil. Tu as oublié tes rêves? Non, ne dis pas ça, c'est pas vrai que tu ne rêves plus. C'est pas vrai que tu ne sers à rien.
Oh madame la Lune...Garde ton sourire, il est tellement beau. Tiens, je t'ai acheté un billet vers les contrées qui sentent bon à ton coeur. Tu me raconteras comment c'était là bas? Tu feras des photos, tu n'oublieras pas, je t'ai même fait une petite boite dans lesquelles tu pourras les ranger. Peut être que tu m'autorisera à y mettre le nez dedans de temps à autres, histoire que moi aussi je m'évade juste avant de m'endormir. Dis, je pourrais peut être t'accompagner? Je ferais de beaux dessins sur ces paysages lointains. Amoncelés dans un carnet à la reliure un peu déchirée...
il se fait tard maintenant, à ta lumière j'irais me brosser les dents, retrouver mon oreiller et un peu de ta poussière... à chacun son voyage, peut être qu'on se rencontrera là bas, oui, on fait ça, on se retrouve à la terrasse de ce petit café tout bariolé, tu sais, celui que tu avais adoré...j'ai promis que je ne raconterais pas cette soirée où tu t'étais enivrée, oups, je ne sais pas tenir ma langue. J'arrête là avant de la perdre...oui, il vaut mieux. Zoup, je vais faire briller mes quenottes...

.

.

brosse_quenottes

.

Posté par sel_in à 03:37 - racontage - Commentaires [6] - Rétroliens [0] - Permalien [#]

19 février 2007

Histoire de cil*

Si tu perdais un cil
sur le bord d'un trottoir
serais-tu plus docile
et pourrais-tu encore voir...
la légèreté, ton étreinte
t'attrapperait-elle par le bras
s'enfuierait-elle sur la pointe
de ses jolis pieds sans bas

Si je retrouvais ton cil
au beau milieu du noir
serais-je toujours fébrile
face aux notes d'espoir...
le quotidien, ma contrainte
délivrerait-il ma voix
pour laisser mon empreinte
s'évader dans le froid

Si ton cil voyageait
qui sait ce qu'il raconterai
peut être une histoire d'oeil
enfermé dans un cercueil
peut être qu'il chuchoterai
de belles images à rêver
ou bien des périples rocambolesques
et de longues nuits à Barbés

Si je rencontrais ton cil
à la terrasse d'un café
il trouverait asile
sur la chaise d'à côté
dans mes oreilles Boys don't cry
dans la main une cigarette
je jouerais avec ma paille
en me disant "bientôt j'arrête"

Et si les cils n'existaient plus
cette histoire serait bévue
alors je me dis qu'après tout
au diable les fins qui tiennent le coup
la mienne battra de l'aile
comme une vraie petite sauterelle!

Au jour où les calembours auront des cils de velours

Posté par sel_in à 19:08 - racontage - Commentaires [3] - Rétroliens [0] - Permalien [#]

12 février 2007

les jours où*

.

Il nous arrive parfois
Des histoires en bois
Des malentendus sourds
Et des jeux de mains sans doigt

Je crois qu’un jour
On m’a trempé dans le chloroforme
Mangé les idées à la petite cuillère
Dit des absurdités sans bornes
Et greffé une langue de vipère

Je crois qu’un jour
On m’a peint en vert
Mis un bec en oubliant les plumes
J’en ai perdu tous mes repères
Me réveillant avec un rhume

Je crois qu’un jour
On m’a fait respirer sous l’eau
Mis un aquarium dans l’estomac
L’aérophagie comme cadeau
De mille poissons bullant en moi

Je crois qu’un jour
J’ai mangé un stylo
J’en ai perdu toutes mes histoires
Pas facile de lire les mots
Qui se dessinent en chambre noire

Je crois qu’un jour
On m’a oublié
Ma vie s’est poursuivie
Mes cauchemars se sont envolés
Et mes rêves se sont enfuis

Il nous arrive parfois
Des histoires en soie
Des malentendus velour
Et des jeux de mains pas si vilains

Au jour où les calembours auront l'odeur des petits fours

.

Posté par sel_in à 12:11 - racontage - Commentaires [5] - Rétroliens [0] - Permalien [#]

27 janvier 2007

...il y avait*

.

il y avait cet orage orange que l'on mange
qui, dans des tiroirs de dortoirs
vient puiser un peu de noir

il dessinait ces bagues nouant les estomacs
alors que les bagues se mettent aux doigts
dans les esprits des tout petits
il éteignait la rêverie

il y avait alors ces réveils sous la lune
parmis les plumes d'oie
au beau milieu des dunes
que créent les pourquipourquoi

Dans des contrées très reculées
en occipitalie, en cortexie, ou en hypophysie
les Oh rage Oh désespoir
iraient porter des arrosoirs

Sur le sol, des lacs se formeraient
des forêts  s'y abreuveraient
et l'arrosoir pleurerait sans discontinuer
pour offrir à ces chérubins
des gauffrettes de perlinpimpin
des ribambelles de pimprenelle
à beurrer de ritournelle


Regarde tes empreintes de pied sur le sol après la douche
regarde le thé teinter l'eau en volutes entêtantes
tire la langue pour goutter la pluie
si tu sais faire tout cela sans ecraser de mouche
si tu pafumes tous ces instants d'une verte odeur de menthe
si tu regardes par la fenêtre avec autant d'apétit
....
un nouveau pays se peindra sans nauffrage
les oranges seront clémentes innées
ta poussière d'orage
prendra place en mon grenier
telle une scintillante page
dans un roman inachevé

au jour ou  les paillassons se transformeront en polissons

.

Posté par sel_in à 13:15 - racontage - Commentaires [0] - Rétroliens [0] - Permalien [#]

17 décembre 2006

on dirait que...j'ai encore fait une pause*

.


On dirait qu’on vivrait
Dans une boule à neige givrée
Que sur notre banquise
On cueillerait des mignardises

Dans le ciel il y aurait
Des poissons en gilet
Des éléphants déguisés
Et des étoiles en collier

On dirait qu’il y aurait du vert
Des fleurs dans l’atmosphère
Des arbres en carton
Et des lapins cachés derrière

Dans nos poches des carottes
Sous nos pieds des navets
Dans nos mains des pleurotes
Sous nos langues des orangers

On dirait qu’il y aurait l’hiver
Qu’à chaque coin un réverbère
Pour skier dans la lumière
Sur de blanches clairières

Des fourmis dans l’abreuvoir
Des champis dans le café noir
Des lutins dans le couloir
Et des danseuses sur les bougeoirs

On dirait que l’on discuterait
Au beau milieu des arbres à thé
Tu jouerais le funambule
Non, ne fait pas ta tête de mule

Le raisin dans les verres
L’ivresse en confiture
Le rire dans des serres
Et la gaîté en peinture

On dirait qu’on serait samedi
Que dehors tomberait la pluie
Que j’aurais rêvé cette nuit
D’une boulle à neige non loin d’ici…

Au jour où les clémentines sentiront la mandarine… quoi ? c’est pareil ? non, même pas vrai…puisque c’est ainsi, je m’en retourne travailler.

.

Posté par sel_in à 08:53 - racontage - Commentaires [6] - Rétroliens [0] - Permalien [#]

25 novembre 2006

ça faisait longtemps*

.

Monsieur froid est venu
avec son grand par dessus
geler les mains et les oreilles
le nez et les orteils

Madame vélo hésite à sortir
apréhende les roues dans cet empire
où le givre paillette la route
de poussières qui déroutent

Ecriture est torture
pour qui tente l'aventure
des glaçons de cerveau
mais où sont donc passés nos mots
j'inviterais sans doute à l'apéro
mon petit ami pierrot
lui, saura peut etre me prêter
sa lune pour m'illuminer

Les lettres s'evaderont dans des récits
dans des prés de contes et de rimes
les cahiers respireront la vie
emplis de coquilles jouant aux mimes

j'irais puiser chez Madame pieuvre
des encres, des chefs d'oeuvre
mille ancres bienfaitrices
pour stabiliser Madame inspiratrice

Il est des jours où le temps se dérobe
où il enfile ses beaux habits
un vrai théâtre autour du globe
il trotte, il trotte... le maudit

j'irais le chercher partout s'il le faut
en inde, en suisse ou au mali
à rangoon, seattle ou tripoli
juste le temps d'un mot, joli cadeau.

il est des jours où l'on capture les secondes
on les écrase, on les inonde
de nos envies irrassasiables
tendre ami, passons à table

il est des jours où l'on ne parle pas
d'autres où l'on se sent mini
tous ceux où je pense à toi
tu ne sombres  pas dans l'oubli

j'appellerais tous les cuicui du pays
pour qu'ils te poussent la chansonnette
qu'au bord de ta fenêtre
ce soit une petite fête
et qu'à l'occasion tu sourris
parceque la nuit,tous les chats sont gris.

Au jour où les souris seront vertes..

Posté par sel_in à 15:02 - racontage - Commentaires [2] - Rétroliens [0] - Permalien [#]

31 octobre 2006

c'était hier*

.


c’était en face de moi

dans un appartement sans toit
ils s’y retrouvaient pour dîner
la lune comme plafonnier

assis sur des scarabées
ils s’amusaient à discuter
dans cette pièce sans artifice
aux murs couleur anis

il y avait des ombres
qui sur les murs se dessinaient
des rires en grand nombre
et des danses saccadées

c’était sous les étoiles
quand la peur ôte son voile
qu’ils se retrouvent enfin en paix
les rêves cachés sous l’oreiller

dans les yeux embués
des images de voyages
des mélodies en aparté
des têtes dans les nuages

il y avait des espérances
qui emportaient les mots
des rires sans outrance
et des ailes sur les tableaux

pour divertir ce gai cénacle
une table faisait son spectacle
verres de vin et macarons
petits plaisirs sans prétention

c’était en plein automne
sur un plancher taché de cire
quand le petit matin sonne
et qu’il faudra alors partir

leurs échos bientôt s’éteindront
dans les bouteilles, de la poussière
qui sait s’ils se souviendront
mais peu importe…c’était hier

Posté par sel_in à 15:39 - racontage - Commentaires [3] - Rétroliens [0] - Permalien [#]

17 octobre 2006

il y a des matins...*

.


Nuit chaotique. Foudres de Zeus déchainées, éléments sans clémence.

3heures du matin

Un bruit cassant tambourine sur mes tympans. Est ce un rêve? Oui, ce doit être un mauvais rêve. Je vais me rendormir dans le calme et me replonger dans la douceur du noir. L'illusion d'une nuit tout en caresse se fait bientôt rattraper par le ciel et ses cris stridents.

Il n'a pas mis longtemps à pleurer. Des larmes déversées sans retenue, c'était presque indécent de s'exhiber de la sorte. Malgré tout j'aurais voulu le consoler. Lui dire qu'il ne servait à rien d'ameuter toute la ville, que les gens ne se souciaient guère de son mal être...mais rien n'y faisait. J'étais impuissante face à sa colère. Envahit de désespoir

3h30.

Tu vas te taire petit ciel! Je t'ai entendu. Viens te reposer à coté de moi, je te prêterais un bout d'oreiller, l'oreiller tout entier s'il le faut, j'irais même dormir sur le canapé.Il ne voulait rien entendre. C'était à mes oreilles qu'il s'en prenait, de mon sommeil dont il s'abreuvait... sa soif était intarissable.

Pourquoi pleurer ainsi?

Je crois que Madame chaleur et monsieur froid avaient décidé de s'embrasser, après s'être longtemps regardé. Lorsqu'ils se rencontrent ces deux là, c'est toujours le même cinéma. Ils savent bien qu’ils ne peuvent pas s'entendre, que leur corps ne s'enlaceront jamais. La haut dans le ciel, leur amour est guerrier...

J'ai donné une couverture à monsieur froid, un iceberg à madame chaleur. Rien. Ils continuaient à kidnapper le marchand de sable et se gaussaient de la situation.

Je me suis ridiculisée à vouloir les comprendre. Glissée sous les couvertures, les larmes au bord des yeux, je voulais dormir...

Vous auriez pu attendre mardi, oui, vous auriez pu attendre, juste quelques jours... je n'étais pas prête pour la pièce de théâtre, votre pantomime ne m'a pas amusée. J'aurais pu moi aussi me donner en spectacle. Vous effrayer de ma voix sanglotante, vous crier ma haine, mon incompréhension. J'étais là pour vous. Vous m'ignoriez, comme on m'ignore au pays des pieds sur terre.

J'ai regardé par la fenêtre. Avouer que lumière était radieuse. Imprimée sur ma rétine tel un chewing-gum sous une table d'écolier.

Bientôt vous partirez, je le sais. Vous me laisserez retrouver le monde des songes, les paupières closes et la rage au cœur.

4H00 et des poussières.

Le vacarme laisse place au cliquetis de vos peurs. Lassés vous vous etes tût.

Pleurez mes enfants, je vous laisserais ainsi. Maintenant, je dois penser à moi...

Plus rien.

Le réveil.

Déjà...

Posté par sel_in à 22:17 - racontage - Commentaires [1] - Rétroliens [0] - Permalien [#]



« Accueil  1  2   Page suivante »